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Portrait
Chef d'entreprise, artiste, écrivain, poète et auteur de chansons, Saysamone
Amphonesinh est aussi un musicien et un botaniste averti.
Né le 12 mai 1944, il a vu le jour à Paksé, au Laos, mais pour comprendre
son parcours, il faut suivre un itinéraire qui prend sa source dans le sud
de la Chine et descend tout au long du Mékong, ce grand fleuve fertile qui
traverse plusieurs pays et favorise le mélange des peuples : Chinois,
Thaïs, Birmans, Vietnamiens, Laotiens, Khmers entre autres.
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Fils d’un commerçant de renom d’origine chinoise et d’une mère laotienne,
d’origine chinoise elle aussi, il grandit au sein d’une grande famille qui,
en 1950, possédait déjà des avions personnels, chose rare dans le Laos de
cette époque et qui, aujourd’hui encore, demeure l’exception.
En 1968, il épouse Nguyên thi Minh Hoi, d'origine vietnamienne et née
également à Paksé
elle aussi. De leur union naîtront quatre enfants, deux garçons et deux
filles: Dominique, Michel, Ammala et Annie.
Enfance et formation
Pendant la colonisation française en Indochine, Saysamone fréquente de jeunes Laotiens
de son âge et apprend le lao, le français, ainsi que le catéchisme à l’école
Sainte-Jeanne-Antide de Paksé, établissement tenu
par des sœurs de charité et des jésuites.
La
disparition de son père, qui décède accidentellement alors qu'il est encore très jeune, le
contraint à endosser prématurément de lourdes responsabilités inhérentes à
son statut de fils aîné : pour subvenir à ses propres besoins, mais
aussi pour soulager partiellement sa mère et l’aider à élever ses frères et sœurs cadets, il quitte l'école et exerce de
nombreux petits boulots, parfois le soir – vendeur de cigarettes au détail
dans la rue, apprenti électricien, opérateur de projection dans des salles de
cinéma –, tout en poursuivant ses études dans la journée.
Quelques années plus
tard, pour des questions économiques et pratiques cette fois
– l’établissement est situé juste en face de son domicile –, il reprend le
chemin de l’école pour étudier la langue chinoise. Dans la foulée, il va
suivre assidûment l’enseignement du bouddhisme dispensé par les bonzes de la
pagode de son quartier, puis retourner à l’école Sainte-Jeanne-Antide de Paksé où il va reprendre ses cours de français,
avant d’entrer, deux ans plus tard, au lycée de Paksé. Le soir, il apprend
l’anglais chez des pasteurs protestants ainsi que les textes du Nouveau Testament. Par la suite, il
fréquentera l’école de droit de Montpellier tout en travaillant à mi-temps.
Enrichi de ces différentes cultures, issues de plusieurs religions et de
plusieurs langues, il se dote d’un solide bagage spirituel et social dès son enfance. Il pratique six
langues : le laotien, le français, l'anglais, le vietnamien, le chinois
et le thaïlandais.
Gestionnaire et créateur d'entreprises
Saysamone Amphonesinh a hérité de son père le sens du commerce et de la gestion. Il n’a jamais été
formé pour cela dans quelque école que ce soit, mais son rêve était de créer
sa propre entreprise.
Au Laos, il participe à la direction de société pétrolières telles que Caltex et Shell. Après la chute du gouvernement
royal au Laos, il s’expatrie avec sa famille pour s’installer en France.
Naturellement, son statut d'immigrant ne lui permet pas immédiatement de trouver un poste
comparable à celui qu'il occupait dans son pays. Pour nourrir une famille qui
compte quatre enfants, il lui faut, une fois encore, effectuer son parcours
du combattant et se contenter de petits boulots.
Il parvient finalement à décrocher un emploi dans une grande firme multinationale américaine située dans
la région
parisienne, où il perfectionne son anglais
et acquiert une grande expérience dans le marketing international et la
gestion d’entreprise. Tout au long de sa vie professionnelle, il ne
cessera d’étendre, par la voie de la formation continue, le champ de ses
compétences et multipliera les expériences
dans le management, l’analyse des problèmes et la coordination des affaires internationales.
En
1987, fort d'un parcours professionnel jalonné de promotions successives, il
décide, en dépit de l’intérêt de son poste et d'un salaire très confortable, de
quitter ses fonctions après
avoir affronté plusieurs crises économiques et pétrolières. Il déménage de
nouveau à Montpellier avec sa famille et crée sa propre
entreprise, spécialisée dans la vente de matériel bureautique. Cette activité
sera étendue par la suite à la vente et à l’assemblage d’ordinateurs
personnels. Il constitue également son propre réseau de magasins de vente
dans le midi de la France, où son entreprise devient le leader incontesté
dans ce domaine, puis devient grossiste et distribue du matériel informatique
dans tout l’Hexagone
Ce self-made-man accompli ne compte ni sur la chance, ni sur le
hasard : pour lui, la réussite est le fruit du travail, et du travail
seulement. Au cours de la même période, il crée d’autres entreprises, un
restaurant gastronomique et étend l'activité de son entreprise principale
principale en créant de nouvelles filiales,
dont un joint-venture de production des savonnettes en Chine qui compte 130 salariés.
Prix et récompenses
En 2005, Le Figaro Économie décerne à SAB
International, société qu'il dirige, le titre d’« entreprise la plus
performante du Languedoc-Roussillon », saluant ainsi de dynamisme d'une
firme dont le succès ne s'est jamais démenti, et les ventes continuent de
croître de façon spectaculaire.
D’autres publications récompenseront ses mérites, tel le journal Master Letter M,
qui le désignera lauréat du « Palmarès des meilleures entreprises du
Languedoc-Roussillon »
La reconversion
En 2004, au zénith
de son activité et de son succès, il décide, progressivement, de se retirer pour s’occuper de la santé de son épouse
qui est devenue aveugle, et aussi de la
sienne (il a été victime d’un infarctus en 2002). Il confie la
direction de ses entreprises à ses enfants, qu'il a préparés et formés
pendant plusieurs années. En 2005, il quitte définitivement les affaires et
veille à l’entretien de la grande maison qu’il a achetée à
Saint-Jean-de-Védas.
Dans ce cadre idyllique, il cultive son jardin, se consacre à la lecture
et commence à écrire des poèmes.
La passion des frangipaniers
Pour illustrer la
couverture de son ouvrage, notre poète montpelliérain a souhaité faire
partager sa passion pour les fleurs et les plantes en choisissant une fleur
de frangipanier, plante tropicale qui est aussi le symbole de son pays natal,
le Laos, et qu’il considère comme le joyau de son jardin. Il lui a d’ailleurs
consacré plusieurs chansons où sont exaltés avec lyrisme la beauté de sa
floraison et son parfum envoûtant. Il a également ouvert un site sur le sujet
où, en botaniste averti, il prodigue ses conseils à des internautes venus des
cinq continents.
Un goût prononcé pour la poésie
Au départ, Saysamone
Amphonesinh n’avait aucune ambition artistique ou littéraire
particulière : son unique motivation était le simple plaisir d’écrire.
Mais, l'appétit venant en mangeant, l’écriture de poèmes va, au fil des
années, devenir le moteur de son existence. Pendant trois ans, il se
contentera de publier ses textes en ligne, espérant toucher en priorité un
public lao. Cependant, il constate rapidement que, parmi ses anciens
compatriotes, ceux qui se sentent concernés par la littérature française restent peu
nombreux. En revanche, son œuvre reçoit un accueil très favorable et très
encourageant de la part du public français.
Un amoureux de la
musique
De tempérament
mélomane, il décide de mettre ses poèmes en musique, épaulé par le compositeur Olivier Strauch et par une équipe
de musiciens. Ses chansons séduisent d’emblée de jeunes interprètes,
parmi lesquels la talentueuse Céline Chabert, qui a enregistré une bonne
partie de ses textes et envisage de les inscrire prochainement à son répertoire
de scène.
Un fervent défenseur
de la langue française
Par ailleurs, l’Association des professeurs de français thaïlandais manifeste elle aussi le plus grand intérêt pour son œuvre et lui demande l’autorisation de la faire étudier dans les grandes écoles et les universités du pays, ce que le poète, naturellement, s’empresse d’accepter. Accordant la priorité aux établissements scolaires dès la parution de son premier recueil, il offre à ces enseignants 1 100 exemplaires de
Couleur Mékong volume 1, paru en septembre 2009, afin de faire découvrir la langue de Molière aux écoliers thaïlandais et de rendre hommage au pays qui l’a accueilli, lui et sa famille. Au début de l’année 2010, plus de 400 exemplaires de cet ouvrage ont également été distribués gracieusement aux écoles francophones du Laos.
De même, 1 000 exemplaires de
Couleur Mékong volume 2, paru fin 2010, ont été offerts aux grandes écoles et universités de Thaïlande, 400 à celles du Laos et, fait nouveau par rapport au volume 1, 400 à celles du Cambodge et 600 à celles du Viêt Nam. Saysamone Amphonesinh a aussi adressé des exemplaires de ce deuxième volume à plusieurs établissements de l'Alliance française, ceux de Bangkok, de Phuket et de Chiangmai notamment.
Cette politique de donations a été reconduite au début de l'année 2012 : Saysamone a ainsi fait parvenir le volume 3 de
Couleur Mékong aux grandes écoles thaïlandaises, à l'ambassade du Laos et, une fois encore, à différentes antennes de l'Alliance française.
Des réactions enthousiastes
Ces différentes
initiatives en faveur du rayonnement de la langue française ont valu à
Saysamone Amphonesinh des réactions enthousiastes, parfois même
dithyrambiques, tant dans son pays d'origine que dans sa patrie d'adoption et
dans d'autres pays d'Asie du Sud-Est. « La donation que tu as faite
aux écoles de Thaïlande constitue une importante contribution au maintien et
à la promotion de la langue française dans la région » souligne Son
Excellence Khamliène Nhouyvanisvong, ambassadeur de
la République démocratique populaire lao auprès de l'Unesco.
Chongkonn Supavej,
professeur
invitée à l'Institut International SUIC de l'Université Silpakorn,
consultant du Ministère de l'Education
du gouvernement royal de la Thaïlande, salue elle aussi l'action menée par Saysamone. On devine que ce témoignage d'une enseignante est allé droit au
cœur du poète, qui se trouve ainsi conforté dans la mission qu'il s'est
assignée : « Tu es un génie des lettres et des affaires,
déclare-t-elle. Tes poèmes font du bien aux apprentis francophones. Le
recueil de poèmes est très apprécié par les Français et les profs thaïs en
Thaïlande. Tout le monde constate que l'auteur est un génie, plein
d'inspiration et de nostalgie. Merci pour ta contribution à l'apprentissage
du français en Thaïlande, et merci de nous aider à développer le français dans
ce pays. »
Mme Thida BOONTHARM,
vice Présidente de ATPF : « Au
nom de l’Association Thaïlandaise des Professeurs de Français, je
voudrais vous remercier vivement du don de recueils de poèmes et de chansons
« Couleur Mékong » Volume 3 .
Ce recueil, que vous avez mis du cœur à refléter une culture asiatique, se
servira effectivement du pont qui relie les cultures orientale et
occidentale. Comme les deux recueils précédents,
ATPF
les diffusera et promouvra parmi des écoles, des élèves et des étudiants
dans des espaces francophones...»
Son
Excellence Yong Chanthalangsy
Ambassadeur de la République Démocratique Populaire Lao
auprès de la Confédération Suisse
et représentant permanent
de la RDP lao auprès de l'ONU à Genève:
« Quel Homme et quel Romantisme. J'ai le
privilège d'avoir reçu et parcouru deux de ses recueils de
poèmes, qui m'ont été offerts par l'Auteur lui même. Je ne peux que
m'incliner devant une telle œuvre et devant un homme de qualité, lao
de surcroît. Un Méridional du Laos !
Force est de constater que le Sud du Laos a fourni au pays beaucoup de
Talents tel que Sisana Sisane, Nai Khou Thongdy Sounthonevichith, etc... Encore une fois, bravo à Saysamone Amphonesinh, pour qui j'ai beaucoup d'admiration.»
Il l'a écrit début 2012 « J'ai beaucoup d'admiration pour vous, pour votre sensibilité, votre amour pour votre pays et votre terre méridionale qui nous touchent profondément. Vous avez raison, la culture ne paie pas, et on n'a jamais vu un artiste lao s'enrichir avec la vente de ses œuvres. Je pense à Khamphou Thavivanh, Khamteum Sanoubane parmi tant d'autres... Mais notre consolation est que leur noms restent gravés dans l'histoire, et dans le patrimoine culturel et artistique lao.
Je salue votre volonté de laisser une trace dans notre culture et de léguer l'ensemble de votre création à la génération future. Je vais faire en sorte que les gens connaissent vos œuvres dans la mesure de mes possibilités. »
Au sein de l'Hexagone,
l'accueil n'est pas moins chaleureux, voire franchement lyrique, comme en
témoignent ces quelques mots signés par un ami poète et homme de
lettres M. Koupranom Abhay :
« J'ai pas mal de vrais amis, mais toi, tu es l'exception dans mon cœur et
tu es aussi un homme extraordinaire, incroyable, et en plus un homme de
talent, plein de compassion. Seuls les superlatifs conviennent pour te
qualifier. Je suis heureux et fier de te connaître. »
M. Koupranom Abhay à
Yong Chanthalangsy : « Cher ami , vous avez bien
fait de classer Saysamone Amphonesinh parmi les grands artistes
écrivains du Laos, tout comme le docteur Thongdy
Sounthonevichith,
qui nous a légué la musique du l'Hymne
national. C'est un homme exceptionnel [...] C'est
très rare de rencontrer un poète de langue française aussi talentueux,
et même, tout simplement, un grand poète.
»
D'autres amis ne cachent pas, eux non plus, leur admiration devant le travail
accompli. Après avoir souligné les qualités littéraires de l'auteur, la
princesse Chao Pangkham Nokham Ditthavong, grande dame de la chanson
laotienne à Paris, insiste sur l'intérêt pédagogique du geste de Saysamone en
faveur de ses compatriotes : « Je te félicite pour le courage
que tu as eu en écrivant des poèmes et des chansons. À vrai dire, tu es très
fort. Tu écris très bien, tu pèses tes mots, tu as un style… Tu as du mérite
de faire ce que tu as fait, alors que tant d'autres n'y arrivent pas. Tu peux
être fier. Tes poèmes, tes écrits, ton site rendent les gens heureux et
instruit. C'est un beau cadeau que tu nous as fait, en y mettant tout ton
cœur. »
Mr Pierre Vaulot, Secrétaire du Comité européen du groupe Axa : « Un immense merci pour vos recueils de poésie, qui sont lus par de nombreux étudiants de Chambéry – des filles pour la plupart. Vos chansons sont des odes à l'amour. Elles sont le reflet du grand raffinement de votre cœur et le témoignage de votre générosité. »
Mr. Touxoua Lyfoung, une personnalité Lao bien connu et un représentant des Hmongs en France: « Heureusement qu'il y a des hommes comme vous pour sauvegarder et perpétuer ce que le peuple laotien a de plus beau et de plus précieux, ce qu'il porte dans sa chair et dans son âme.
Votre œuvre artistique et culturelle restera un monument pour le Laos, une référence pour sa jeunesse d'aujourd'hui et de demain. »
Autre message émouvant : celui de Marie-Rosalie Baud et de Marie-Joachim-Thuong,
sœurs de la charité, qui eurent pour élève
un certain Saysamone Amphonesinh :
« Vous avez vraiment fait du
bon travail ! écrivent-elles. Bravo, cher ancien élève de l'école Sainte-Jeanne-Antide de Paksé ! Vous nous
faites honneur, que Dieu vous bénisse! »
Quant à M. Philippe Drillien Pésident de l'Association internationale des
collectionneurs de timbres-poste du Laos, il se montre extrêmement sensible à
l'hommage rendu par Saysamone Amphonesinh à sa patrie d'adoption et l'estime
digne des plus hautes distinctions honorifiques : « Merci pour
votre témoignage de reconnaissance envers notre pays. La France vous a
accueilli, c'était son devoir. Vous la remerciez de manière éclatante. Si
j'étais ministre, je vous décorerais. »
Enfin, il convient de
citer un hommage prestigieux, celui de Son Excellence Abdou Diouf, ancien
président de la République du Sénégal, secrétaire général de l'Organisation
internationale de la francophonie et président d'honneur du Forum permanent
du dialogue arabo-africain sur la démocratie et les droits humains. Ses
fonctions passées et présentes lui confèrent une autorité toute particulière
pour apprécier le travail de Saysamone Amphonesinh : « Je vous
félicite des efforts que vous faites en faveur de la langue française,
particulièrement en Asie du Sud-Est où, effectivement, l'offre de littérature
francophone est parfois déficiente. »
Une inspiration foisonnante
Le succès rencontré par les deux premiers volumes de Couleur Mékong aurait pu inciter notre homme à s'endormir sur ses lauriers et lui donner le sentiment du devoir accompli. Ce serait mal le connaître : le démon de l'écriture est têtu, et les Muses lui sont restées fidèles, comme en témoigne le plus récent de ses recueils,
Couleur Mékong volume 3. Le poète n'a pas laissé sa plume sécher dans l'encrier et élargi son champ d'inspiration, s'offrant quelques morceaux de bravoure tour à tour sensuels, humoristiques (les deux ingrédients sont parfois réunis dans la même chanson), voire « politiques ».
S'il se défend d'être un auteur « engagé », Saysamone Amphonesinh est cependant un poète qui n'ignore rien des réalités de son temps. Le spectacle du monde lui inspire bien souvent une ironie mordante – son
Le feu du Tango-flamenco en est un parfait exemple –, parfois même la révolte – de ce point de vue,
Sur la place Tahrir peut être considéré comme un témoignage fidèle des événements tragiques qui ont accompagné la révolution égyptienne l'an passé.
Tantôt mélancolique, le plus souvent bon vivant, souvent indigné mais grand épicurien devant l'Éternel, amoureux des mots, de la musique, des fleurs et des femmes, Saysamone Amphonesinh joue avec brio sur tous les registres de l'émotion. Tout comme il existe des athlètes complets, il est un poète intégral !
Bibliographie
À ce jour, Saysamone Amphonesinh a publié trois
recueils – un quatrième est d'ores et déjà en préparation –, qui réunissent
plus de 30 poèmes et plus de 280 chansons. Au total, plus de 260 textes ont
été déjà interprétés, enregistrés et ont fait l'objet d'une partition.
– Couleur Mékong volume 1
– Couleur Mékong volume 2
– Couleur Mékong volume 3
– Couleur Mékong volume 4 (en création, édition non prévue)
Chansons :
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